Station-service historique pendant la pénurie de carburant

Pénurie de carburant : 800 stations à sec, le gouvernement débloque des aides d’urgence

La France affronte sa pire crise à la pompe depuis 2022. Lundi 31 mars, plus de 800 stations-service étaient en rupture totale de stock, des centaines d’autres rationnaient les pleins à 30 litres. Sur les axes secondaires, les files d’attente dépassaient parfois le kilomètre.

Les transporteurs dans la rue

Après Paris hier, c’est Nantes qui a vu défiler ce matin les camions de la FNTR et de l’OTRE. Les transporteurs réclament un gel immédiat de la TICPE et un plafonnement du gazole professionnel. « On roule à perte depuis trois semaines », lâche un patron de PME nantais, quatre camions sur le parking faute de carburant.

20 centimes de remise dès avril

Matignon a dégainé un plan d’urgence en trois volets. D’abord, une remise de 20 centimes par litre applicable dès le 1er avril sur l’ensemble du réseau. Ensuite, le retour du chômage partiel pour les secteurs les plus exposés — transport, agriculture, pêche — avec une enveloppe estimée à 140 millions d’euros. Enfin, l’envoi anticipé d’un chèque énergie de 153 euros à 3,8 millions de foyers modestes, élargi à 700 000 nouveaux bénéficiaires.

Pas de baisse générale des taxes

Le gouvernement refuse toutefois de toucher à la fiscalité sur les carburants. « La TICPE finance la transition écologique, on ne peut pas la supprimer d’un trait de plume », a justifié le porte-parole du gouvernement. Une position qui risque de nourrir la colère : selon un sondage Elabe publié ce matin, 72 % des Français jugent les mesures insuffisantes.

Pourquoi cette pénurie ?

La crise trouve son origine dans le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, qui a fait exploser le cours du Brent au-dessus de 110 dollars le baril. Les raffineries européennes tournent au ralenti, les stocks stratégiques fondent. En France, le litre de SP95 a franchi la barre des 2,20 euros dans plusieurs départements, un record absolu. Notre décryptage complet sur les raisons de la flambée et les astuces pour payer moins cher reste d’actualité.

Quelles conséquences pour les ménages ?

Au-delà du plein, c’est toute la chaîne logistique qui trinque. Les prix en grande surface ont grimpé de 4,2 % sur les produits frais en mars. Les livraisons accusent des retards de 48 heures en moyenne. Et les professionnels du BTP, très dépendants du gazole, commencent à reporter des chantiers.

La situation devrait rester tendue au moins jusqu’à mi-avril, selon les analystes de Wood Mackenzie. Si le détroit d’Ormuz ne rouvre pas, la France pourrait devoir puiser dans ses réserves stratégiques — une mesure de dernier recours jamais activée depuis 1991.

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