Foule lors d une manifestation pour la paix au Moyen-Orient

Conflit Iran-Israël : la proposition américaine en 15 points et le spectre d’une guerre longue

Transmise le 24 mars par le Pakistan, la proposition américaine à l’Iran tient en 15 points. Quinze exigences qui dessinent un cessez-le-feu complet, mais que Téhéran a rejetées en bloc. Trois semaines après le début des frappes israéliennes, le spectre d’une guerre longue se précise.

Les 15 exigences américaines

Le document, dont Reuters a révélé le contenu le 27 mars, couvre trois volets. Le premier concerne le nucléaire : démantèlement des centrifugeuses avancées, arrêt total de l’enrichissement au-delà de 3,67 %, et inspections permanentes de l’AIEA sur tous les sites déclarés et suspects.

Le deuxième volet porte sur la sécurité régionale. Washington exige la fin du soutien iranien au Hezbollah, au Hamas et aux Houthis. La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz figure en bonne place — un point qui touche directement les prix à la pompe en Europe.

Le troisième volet, le plus controversé, demande à l’Iran de reconnaître le droit d’Israël à l’autodéfense et de s’engager à ne pas développer de missiles balistiques d’une portée supérieure à 300 kilomètres.

Les 5 contre-conditions iraniennes

La réponse de Téhéran, transmise le 26 mars via les mêmes canaux pakistanais, pose cinq conditions préalables à toute négociation. Cessez-le-feu immédiat et complet. Retrait des forces israéliennes du sud du Liban. Compensations financières pour les dommages causés aux infrastructures iraniennes. Reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d’Ormuz. Et levée de toutes les sanctions américaines.

Des conditions qu’aucun analyste sérieux ne juge acceptables par Washington. Le fossé entre les deux positions laisse peu de place à l’optimisme.

Le front libanais s’embrase

Pendant que les diplomates échangent des documents, le terrain parle. Depuis le 15 mars, le Hezbollah a mené 73 attaques contre des positions israéliennes dans le nord de la Galilée. Israël a riposté avec 250 frappes au Liban, ciblant des dépôts d’armes et des centres de commandement.

Le bilan humain au Liban dépasse les 400 morts civils selon la Croix-Rouge libanaise. Les déplacés se comptent par dizaines de milliers. La FINUL, la force de l’ONU au sud du Liban, a signalé trois incidents impliquant ses casques bleus en une semaine.

La France entre deux fronts

Paris joue un jeu d’équilibriste. Solidarité atlantique d’un côté, avec le soutien au G7 pour sécuriser Ormuz. Canal diplomatique de l’autre, avec des échanges directs entre le Quai d’Orsay et Téhéran que le ministère des Affaires étrangères ne confirme ni ne dément.

L’attentat déjoué le 22 mars à Paris — une cellule liée aux Gardiens de la Révolution selon la DGSI — rappelle que le conflit dépasse largement le Moyen-Orient. La menace sur le sol français est réelle, et le plan Vigipirate reste au niveau « urgence attentat ».

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