Medecin en blouse utilisant un ordinateur pour illustrer l IA generative en sante

IA générative santé 2026 : 54% des Français l’utilisent déjà

En 2025, 48% des Français ont utilisé l’intelligence artificielle générative. Dans le domaine de la santé, cette proportion atteint 54% : près d’un Français sur deux recourt déjà à ChatGPT ou à un chatbot pour s’informer sur ses symptômes, ses traitements ou son bien-être. L’IA générative dans la santé n’est plus une perspective lointaine — elle est là, et les hôpitaux français sont en première ligne.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Le baromètre du numérique 2026 publié par le Crédoc trace une courbe d’adoption fulgurante. Entre 2023 et 2025, l’usage de l’IA est passé de 20% à 48% de la population française. Pour comparaison, il a fallu cinq ans pour qu’internet passe de 23% à 55%. L’accélération est sans précédent.

Cette dynamique se confirme dans le secteur de la santé. Selon le baromètre santé connectée d’Edhec et Ipsos BVA (vague 3, octobre 2025), 54% des Français utilisent déjà ou seraient prêts à utiliser l’IA générative pour s’informer dans le cadre de leur santé. Les 25-34 ans et les 35-44 ans sont les plus actifs : 62% d’entre eux ont recours à ces outils.

Un clivage marqué sépare les hommes des femmes : 61% des premiers contre 48% des secondes, soit une différence de 13 points. Les habitants de la région parisienne (61%) sont également plus enclins à l’adopter que la moyenne nationale.

Pourtant, la confiance reste faible. La moyenne accordée à l’IA générative pour des questions de santé n’est que de 4,8 sur 10. Près de 60% des Français accordent toujours davantage confiance à leur médecin seul, tant pour le diagnostic que pour le traitement.

L’hôpital français en première ligne

Derrière les chiffres d’usage grand public se cache un mouvement plus profond : celui des établissements hospitaliers qui intègrent l’IA générative dans leur quotidien. Le CHU de Nancy a été précurseur avec le déploiement de Copilot Microsoft (Office). Après une première phase trop générale, une deuxième phase ciblée par métier a donné des résultats convaincants : 83% des utilisateurs ont constaté un bénéfice réel, et 50% ont gagné entre une et deux heures par semaine.

L’Hôpital Foch, à Suresnes, a franchi un cap supplémentaire en déployant DAX Copilot de Microsoft pour la retranscription automatique des échanges médecin-patient. Le résultat ? Plus de 1 000 comptes rendus médicaux structurés ont déjà été générés. L’établissement teste également Hopia pour l’optimisation des plannings et un chatbot IA en production pour les démarches administratives.

Au CHU de Montpellier, le professeur David Morquin pilote ERIOS Assistant, une IA maison conçue dans le cadre du programme France 2030. Lancé en décembre 2022, ce laboratoire d’expérimentation traite des données médicales confidentielles à partir des notes saisies par les professionnels ou de la captation vocale en consultation. Aux urgences pédiatriques, les notes sont transformées en compte rendu médical à la sortie. Avec 350 000 séjours hospitaliers par an, l’impact est considérable.

Ces initiatives s’inscrivent dans le programme InitIAté, lancé par UniHA et le CAIH pour accompagner l’adoption de l’IA dans les hôpitaux. Trois piliers : pédagogie, déploiement opérationnel et évaluation rigoureuse des résultats.

Ce que les Français attendent de l’IA en santé

Malgré une adoption croissante, les craintes persistent. 51% des Français redoutent une perte progressive des compétences cliniques de base des médecins. 43% s’inquiètent d’une dépendance excessive des jeunes médecins face à l’IA. Un Français sur deux pense que les outils connectés peuvent entraîner des cyberattaques ou de mauvaises informations pouvant causer des autodiagnostics incorrects.

Pour autant, 72% se disent prêts à utiliser davantage la santé connectée. La moitié estiment ne pas être suffisamment informés sur le sujet. Les motifs principaux d’acceptation sont clairs : gain de rapidité (41%), praticité (36%), réponse aux déserts médicaux (30%), autonomie dans la gestion de sa santé (30%).

La question des données personnelles reste un point sensible. Seulement 11% des Français sont prêts à transmettre leurs données de santé aux GAFAM. Ce chiffre passe à 53% si l’anonymisation est précisée. Les organismes de recherche clinique arrivent en tête d’acceptabilité (65%), suivis par les entreprises du médicament anonymisées (57%).

Le médecin traitant demeure le principal vecteur d’adoption : 41% des Français indiqueraient utiliser la santé connectée sur recommandation de leur médecin. Une tendance encore plus marquée en zone péri-urbaine.

Un avenir en construction

L’intégration de l’IA générative dans le système de santé français se fait progressivement, avec une attention particulière à l’éthique. L’Hôpital Foch s’est doté d’un comité IA multidisciplinaire et travaille avec Ethik-IA pour garantir transparence et supervision humaine, en conformité avec le règlement européen AI Act applicable dès août 2025 pour l’IA générative.

Le CHU de Montpellier évalue les effets des automatisations sur le travail des soignants en co-construction. Le message est clair : les outils innovants doivent apporter de la valeur ajoutée, et non être source de déclassement.

L’IA générative ne remplacera pas les médecins. Mais elle peut leur redonner du temps pour l’essentiel : le soin direct, la relation humaine, le diagnostic éclairé. En 2026, la France est en avance sur ce mouvement — à condition de ne pas perdre de vue ce qui compte vraiment.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’IA générative dans la santé ?

C’est l’utilisation de modèles d’intelligence artificielle capables de générer du texte, des résumés ou des recommandations pour assister les professionnels et les patients dans le domaine médical.

Combien de Français utilisent l’IA en santé ?

54% des Français utilisent déjà ou seraient prêts à utiliser l’IA générative pour s’informer sur leur santé, selon le baromètre Edhec/Ipsos BVA.

Quels hôpitaux français testent l’IA générative ?

Le CHU de Nancy (Copilot Microsoft), l’Hôpital Foch (DAX Copilot, Hopia) et le CHU de Montpellier (ERIOS Assistant) sont les principaux pionniers.

Les Français font-ils confiance à l’IA en santé ?

Non, la confiance moyenne n’est que de 4,8 sur 10. 60% accordent davantage confiance à leur médecin seul.

Quand l’IA sera-t-elle généralisée dans les hôpitaux ?

Le déploiement se fait progressivement. Le CHU de Nancy prévoit d’équiper 250 agents supplémentaires d’ici fin 2025, et le CHU de Montpellier évalue les résultats avant extension.

Sources

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