Artemis II : quatre astronautes en route vers la Lune, une première en 53 ans
Ils sont quatre, et ils viennent de quitter la Terre. La capsule Orion, propulsée par la fusée SLS de la NASA, a décollé dans la nuit du 1er au 2 avril depuis le Kennedy Space Center en Floride. Destination : la Lune. Artemis II marque le retour de l’humanité vers notre satellite, 53 ans après la dernière mission Apollo.
Un équipage qui entre dans l’histoire
Quatre astronautes composent l’équipage d’Artemis II. Le commandant Reid Wiseman dirige la mission. Victor Glover, pilote, devient le premier homme noir à voyager au-delà de l’orbite terrestre basse. Christina Koch, spécialiste de mission, est la première femme à se diriger vers la Lune. Et Jeremy Hansen, de l’Agence spatiale canadienne, est le premier non-Américain à participer à une mission lunaire.
Chacun de ces quatre noms s’inscrit dans les livres d’histoire. La composition de l’équipage reflète une volonté de la NASA de montrer que l’exploration spatiale n’est plus le domaine réservé d’un profil unique. Hansen a résumé la portée du moment au micro de France 2 : « On n’y va pas seulement pour les États-Unis, on y va pour tout le monde. »
Dix jours autour de la Lune
La mission dure dix jours. Artemis II ne prévoit pas d’alunissage — c’est le rôle d’Artemis III, programmée pour 2028. L’objectif est de survoler la Lune à environ 130 km d’altitude, de tester tous les systèmes de la capsule Orion en conditions réelles et de ramener l’équipage sain et sauf sur Terre.
Le trajet aller prend quatre jours. La capsule effectuera ensuite un survol de la face cachée de la Lune avant de revenir vers la Terre. L’amerrissage est prévu dans le Pacifique le 11 avril. La phase la plus critique reste la rentrée atmosphérique : Orion percutera l’atmosphère à 40 000 km/h, avec un bouclier thermique qui devra résister à 2 760 °C.
Ce que la France y gagne
La France n’est pas spectatrice. L’Agence spatiale européenne (ESA) a fourni le module de service d’Orion, la partie du vaisseau qui assure propulsion, électricité et contrôle thermique. Ce module a été assemblé à Brême, en Allemagne, avec des composants fabriqués dans 11 pays européens dont la France.
Airbus Defence and Space, dont le site de Toulouse a contribué à la conception, a supervisé l’intégration du module. Pour l’industrie spatiale française, Artemis représente un carnet de commandes de plusieurs milliards d’euros sur la décennie. Le CNES a mobilisé plus de 300 ingénieurs sur le programme depuis 2019.
Après Artemis II, la Lune habitée
Le programme Artemis ne s’arrête pas là. Artemis III doit poser deux astronautes sur le pôle sud lunaire en 2028, à bord du Starship de SpaceX converti en module d’alunissage. Artemis IV prévoit l’assemblage du Gateway, une station spatiale en orbite lunaire, vers 2030.
L’objectif final : établir une présence humaine durable sur la Lune. Pas pour y planter un drapeau, mais pour exploiter les ressources en glace d’eau du pôle sud, tester des technologies de survie et préparer les futures missions vers Mars.
En attendant, quatre astronautes filent vers la Lune à 38 000 km/h. La dernière fois que des humains ont fait ce voyage, c’était en décembre 1972. L’équipage d’Apollo 17 ne se doutait probablement pas qu’il faudrait attendre plus d’un demi-siècle pour que quelqu’un reprenne le chemin.






